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Les bienfaits de la levure de riz rouge

✓ Obtenue par fermentation d’un champignon microscopique sur du riz

✓ Naturellement riche en monacolines

✓ Contient des pigments naturels

✓ Utilisée depuis des siècles en Asie

✓ Traditionnellement utilisée comme colorant alimentaire

La levure de riz rouge est l'un des ingrédients les plus étudiés de la micronutrition. Utilisée depuis des siècles en Asie, elle doit sa notoriété à ses monacolines. Cette spécificité a conduit à un processus réglementaire européen particulièrement approfondi, au moment où une nouvelle génération de levures de riz rouge, cette fois sans monacolines, émerge.

Sommaire :

Quels sont les bienfaits de la levure de riz rouge ?

La levure de riz rouge peut contenir jusqu'à 23 monacolines différentes, dont la monacoline K, la plus représentée et la mieux caractérisée.

Les monacolines ont été étudiées dans un très grand nombre d'essais cliniques, avec un mode d'action bien documenté :

  • une inhibition de la synthèse du cholestérol dans le foie, par blocage de la HMG-CoA réductase ;
  • une augmentation du nombre de récepteurs du cholestérol dans le foie, permettant de capter plus rapidement le cholestérol circulant.

Une méta-analyse a rapporté une baisse moyenne d'environ 0,4 g/L de LDL-cholestérol, soit une réduction de 15 à 25 % des taux circulants (Gerards et al., 2015). Une réduction des triglycérides et une légère hausse du HDL-cholestérol (« bon cholestérol ») ont également été rapportées dans certaines études, mais pas systématiquement.

Cette efficacité avait conduit l'Europe à autoriser, en 2012, l'allégation suivante : « la monacoline K issue de la levure de riz rouge contribue au maintien d'une cholestérolémie normale », à raison de 10 mg par jour. Cette allégation a été retirée en 2024 (règlement UE 2024/2041), en conséquence des discussions sur la sécurité des monacolines. Des travaux récents suggèrent néanmoins qu'une teneur de moins de 3 mg conserve tout son intérêt dans une combinaison d'actifs (Izzo et al., 2024).

La réduction du LDL-cholestérol constitue un enjeu important pour la prévention cardiovasculaire : selon la communauté scientifique, car un excès de LDL-cholestérol sanguin est un facteur de risque cardiovasculaire (ESC/EAS, 2019). Les recommandations des sociétés savantes européennes de cardiologie reconnaissent la levure de riz rouge comme un levier crédible sur le LDL-cholestérol, à trois conditions :

  • en complément des mesures d'hygiène de vie (voir tableau ci-dessous)
  • en cas d'hypercholestérolémie légère à modérée
  • chez les personnes ne nécessitant pas de traitement par statines (ESC/EAS, 2019).
Intervention sur l'hygiène de vie permettant de réduire le LDL-cholestérol sanguin
Efficacité
Niveau de preuve
++
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Réduire la consommation d'acides gras saturés
++
++
Augmenter la consommation de fibres alimentaires
++
++
Utiliser des produits enrichis en phytostérols
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++
Utiliser des compléments alimentaires à base de levure de riz rouge
++
++​
Perdre du poids (si excès)
++
++
Réduire la consommation de cholestérol alimentaire
+
+
Augmenter l'activité physique
+
+

Traduit de ESC/EAS (Mach F et al., 2019)

La nouvelle génération : la levure de riz rouge sans monacolines

Les restrictions concernant les monacolines ont encouragé la recherche sur d'autres composés naturellement présents dans le riz fermenté. Le professeur Tzu-Ming Pan, de l'université nationale de Taïwan, a ainsi mis au point un extrait breveté, Ankascin®, garanti sans monacoline K et standardisé en deux pigments jaunes : la monascine et l'ankaflavine.

Ces deux composés ont un mode d'action différent de celui des monacolines. Les recherches suggèrent qu'ils pourraient participer à la régulation du métabolisme des lipides et des sucres et aux défenses antioxydantes de l'organisme. Ces travaux décrivent aussi un rôle possible dans l'élimination du LDL-cholestérol circulant par le foie.

Ankascin® a fait l'objet de trois essais cliniques, en double aveugle contre placebo, menés chez des adultes présentant une tension artérielle légèrement élevée, des troubles de la glycémie, ou un excès de cholestérol (Chen et al., 2017 ; Wang et al., 2017 ; Liu et al., 2018).
Ces travaux, rapportent des résultats prometteurs sur les lipides sanguins, dont le LDL-cholestérol. Ils restent à confirmer par des équipes indépendantes et sur des populations plus larges.

L'ingrédient bénéficie d'un statut de nouvel ingrédient diététique (NDI) auprès de la FDA américaine, un statut qui s’appuie sur un dossier de sécurité complet.

Levure de riz rouge : existe-t-il des effets indésirables ?

La levure de riz rouge est consommée depuis des centaines d'années comme colorant alimentaire, sans risque identifié.
Une méta-analyse de 53 essais cliniques, a conclu à une excellente tolérance, sans augmentation significative du risque d'effets indésirables musculaires par rapport au placebo (Fogacci et al., 2019).
Lorsque des effets indésirables surviennent, ils peuvent notamment prendre la forme de douleurs musculaires ou de troubles hépatiques, comme avec les statines. Ces risques augmentent avec la dose et ont essentiellement été observés à partir de 10 mg de monacoline K par jour, une dose aujourd'hui interdite.

Le point de vigilance historique concerne la citrinine, une substance toxique pour les reins qui peut être produite lors de la fermentation si la souche ou les conditions ne sont pas maîtrisées. Des analyses systématiques garantissent l'absence de citrinine dans les extraits de qualité, ce risque peut donc être contrôlé par des analyses adaptées.

Pour ce qui est des monacolines, l'EFSA a conclu en 2018, à partir de signalements de nutrivigilance, ne pas pouvoir établir de dose journalière garantissant l'absence de risque. Cette position a été réaffirmé en 2025 (EFSA, 2025). En conséquence, la réglementation européenne limite depuis 2022 la teneur en monacolines des compléments alimentaires à 3 mg par jour. L'allégation selon laquelle la monacoline K contribue au maintien d'une cholestérolémie normale a également été retirée en 2024.

La levure de riz rouge est déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes, aux enfants et adolescents, et par prudence aux personnes de plus de 70 ans. Un avis médical est nécessaire en cas d'insuffisance rénale ou hépatique, si vous avez déjà souffert de douleurs musculaires sous statine, ou si vous prenez un traitement destiné à réduire le cholestérol. En cas de doute, demandez conseil à un professionnel de santé.

Définition de la levure de riz rouge

La levure de riz rouge (il serait plus juste de dire « levure rouge de riz ») est un champignon microscopique cultivé sur le riz. Ce micro-organisme produit un pigment rouge caractéristique qui a donné son nom à la levure : Monascus purpureus.

La levure de riz rouge contient 14 % à 31 % de protéines, ainsi que des pigments et des monacolines, deux familles de molécules appartenant à la grande classe des polycétides. Traditionnellement utilisée, elle entre également dans la composition de compléments alimentaires destinés à accompagner la prise en charge du cholestérol, avec une teneur en monacolines généralement comprise entre 0,4 et 2 %.

Plusieurs types de monacolines ont été identifiés. L'un de ces sous-types, est la monacoline K, principale monacoline de la levure, isolée pour la première fois par le professeur Akira Endo (Endo, 1979).

L'histoire de la levure de riz rouge

La levure de riz rouge est traditionnellement utilisée en Asie orientale (Chine, Japon, Corée et Thaïlande) comme colorant alimentaire naturel et à des fins thérapeutiques. D'un point de vue culinaire, la levure de riz rouge est utilisée pour colorer des préparations, comme certains tofus fermentés, des viandes ou poissons, ainsi que des pâtisseries. En Chine, l'usage culinaire de la levure de riz rouge est attesté à partir du premier siècle de notre ère.

La découverte de l'activité hypocholestérolémiante de la levure de riz rouge a été faite en février 1979 à Tokyo, par le chercheur japonais Akira Endo. Cette découverte faisait suite à un travail de recherche colossal, durant lequel près de 3 800 souches de champignons microscopiques avaient été cultivées pour tenter d'identifier une molécule capable d'inhiber l'enzyme nommée HMG-CoA réductase, une enzyme essentielle à la synthèse du cholestérol. Akira Endo nomma « monacoline K » cette molécule (tiré du nom du champignon Monascus ; Endo, 2010).

Aujourd'hui, la levure de riz rouge est utilisée comme colorant dans plus de 155 aliments en Asie, et intégrée dans plus de 24 préparations de médecine traditionnelle chinoise (Zhu et al., 2019). En Europe, on la retrouve dans de nombreux compléments alimentaires dédiés au cholestérol, le plus souvent en association avec d'autres actifs : policosanols de canne à sucre, ail, artichaut, berbérine, ou encore chrysanthellum. Les produits se présentent généralement en comprimés ou en gélules, à conserver à l'abri de l'humidité et de la lumière.

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Où trouver de la levure de riz rouge ?

La levure de riz rouge est obtenue par fermentation d'un champignon microscopique cultivé sur du riz cuit. Traditionnellement préparé, ce fermenté (Hung-ch'u, Hongqu, Angkak ou Beni Koji) peut être produit à partir de plusieurs espèces du genre Monascus, la principale étant M. purpureus Went, découverte en 1895.

Le riz est d'abord trempé dans l'eau jusqu'à ce que les grains atteignent un état semi-gélatineux. On ajoute alors une culture dite « starter » du champignon, en général Monascus purpureus. Le mélange est ensuite agité périodiquement dans une chambre à température contrôlée pendant quelques jours (3 à 6 jours). Durant cette période, les grains de riz virent au rouge vif dans leur noyau et au violet rougeâtre à l'extérieur. Aucun solvant chimique n'est utilisé au cours du processus de fabrication.

Les conditions de fermentation (source d'azote, pH, température, alimentation en eau, etc.) permettent de moduler le produit final : teneur en monacoline K, pigments, citrinine et autres composés mineurs. L'objectif des producteurs est soit d'augmenter la teneur en monacoline K, soit, au contraire, d'obtenir un fermenté riche en pigments et dépourvu de monacolines, tout en éliminant toute trace de citrinine.

Au cours de la fermentation, le champignon produit également des pigments jaunes, dont la monascine et l'ankaflavine. Longtemps éclipsés par les monacolines, ces composés sont aujourd'hui à l'origine d'une nouvelle génération d'extraits.

*Méta-analyse des données des 4 études cliniques sur Limicol® menées sur un total de 206 patients présentant une hypercholestérolémie non traitée, complémentés pendant 4 à 16 semaines avec 3 comprimés par jour de Limicol® ou un placebo : Barrat et al. 2024

SOURCES

FAQ

Note de conformité réglementaire : l'allégation « la monacoline K issue de la levure de riz rouge contribue au maintien d'une cholestérolémie normale » a été retirée de la liste des allégations autorisées par le règlement (UE) 2024/2041. Aucune allégation de santé n'est aujourd'hui autorisée pour les extraits de levure de riz rouge sans monacolines : les études qui les concernent sont présentées comme des pistes de recherche et non comme des propriétés établies. La seule allégation autorisée mentionnée dans cet article est celle de LIMICOL (règlement UE 2023/648).

Emmanuel Barrat
Emmanuel Barrat
Docteur en Sciences

Ingénieur de formation et docteur en sciences, spécialisé en biologie et nutrition (Université de Nantes), Emmanuel Barrat bénéficie de plus de 15 ans d’expérience dans la recherche et le développement en micronutrition.
Au sein du Laboratoire Lescuyer, il pilote le programme d’études cliniques et supervise, avec son équipe, la formulation de compléments alimentaires innovants, alliant efficacité et sécurité.
Il contribue également aux orientations stratégiques en tant que membre du Comité Scientifique interne du laboratoire.
Son expertise scientifique repose sur une approche rigoureuse, fondée sur l’analyse des données cliniques et les dernières avancées en nutrition et biologie.