Cholestérol et cardio-vasculaire

HDL, LDL : comprendre et gérer le taux de cholestérol

Comprendre et gérer le taux de cholestérol
3 min de lecture
crée le 1 octobre 2026

Le bilan lipidique en résumé

Le bilan lipidique permet de mesurer le cholestérol total, le LDL, le HDL et les triglycérides. Les valeurs de référence peuvent varier selon le profil et les facteurs de risque cardiovasculaire.

Le taux de cholestérol peut être influencé par les habitudes de vie, certains facteurs génétiques ou certains facteurs de santé.

Le taux de cholestérol est un indicateur important pour évaluer le risque cardiovasculaire.
Mais comment interpréter les résultats d’un bilan lipidique ? Comment savoir si son taux est normal ? Quels sont les facteurs susceptibles de faire varier ces valeurs ?

Voici ce qu’il faut savoir sur les taux de cholestérol, le bilan lipidique et leur interprétation.

SOMMAIRE :

Comment fonctionne le cholestérol ?
Qu’est-ce que le bilan lipidique et comment l’interpréter ?
Pourquoi le taux de cholestérol augmente-t-il ?
Quels sont les risques d'un taux de cholestérol élevé ?
Comment réguler son taux de cholestérol ?

Comment fonctionne le cholestérol ?

Le cholestérol est un lipide naturellement fabriqué par l'organisme, principalement par le foie. Il est indispensable au bon fonctionnement de l'organisme.

Comme il ne peut pas circuler seul dans le sang, il est transporté par des lipoprotéines. Les lipoprotéines de basse densité (LDL, ou low-density lipoproteins) acheminent le cholestérol vers les différents tissus de l'organisme. Lorsqu'elles sont présentes en excès, elles peuvent favoriser la formation de dépôts dans les artères. Un taux élevé ne provoque généralement pas de symptômes, et il est le plus souvent mis en évidence grâce à un bilan lipidique.

Qu’est-ce que le bilan lipidique et comment l’interpréter ?

Le bilan lipidique est un examen sanguin qui permet d'évaluer les principaux lipides présents dans le sang, le but étant d’évaluer les risques cardiovasculaires par dépôt de graisses dans les artères.
Réalisé à partir d'une prise de sang à jeun, il mesure le cholestérol total, le LDL-cholestérol, le HDL-cholestérol (parfois appélé « bon cholestérol ») et les triglycérides.

En l'absence de facteur de risque cardiovasculaire, un bilan lipidique est recommandé à partir de 40 ans chez les hommes et de 50 ans chez les femmes. Sans anomalie ou facteur de risque particulier, il n’est généralement pas nécessaire de le renouveler avant 5 ans.1

Pour assurer un suivi fiable dans le temps, il est conseillé d'effectuer ses analyses dans le même laboratoire, car les méthodes de dosage peuvent légèrement varier d'un établissement à l'autre.

Comment lire les résultats d'une prise de sang ?

Sur le bilan lipidique, les résultats sont généralement exprimés en g/L (grammes par litre) ou en mmol/L. À partir de ces résultats, le taux de LDL-cholestérol (parfois appelé « mauvais cholestérol ») est généralement estimé grâce à la formule de Friedewald. Selon les laboratoires, d'autres indicateurs, comme le « cholestérol non-HDL », ou le rapport entre le cholestérol total et le HDL-cholestérol, peuvent également être indiqués à titre informatif.

L'interprétation d'un bilan lipidique ne repose pas uniquement sur un chiffre : le médecin prend également en compte le profil de la personne et ses facteurs de risque cardiovasculaire.
Pour interpréter votre bilan, commencez par comparer vos résultats aux repères ci-dessous.

Quels sont les taux de cholestérol normaux* ?

Historiquement, en l'absence de facteurs de risque cardiovasculaire, les taux suivants étaient considérés comme normaux1 :

Paramètre

Valeur considérée comme normale*

Cholestérol total

inférieur à 2 g/L

LDL-cholestérol

inférieur à 1,6 g/L

HDL-cholestérol

supérieur à 0,4 g/L

Triglycérides

inférieur à 1,5 g/L

*Valeur de référence en l'absence de risque cardiovasculaire1

Les nouvelles recommandations sur le LDL-cholestérol

Les recommandations des sociétés savantes européennes considèrent depuis une décennie que les taux recommandés pour le LDL-cholestérol devaient différer en fonction de chaque patient2. Ou, plus précisément, en fonction du risque cardiovasculaire global de chaque patient. Ce profil est établi à l’aide du SCORE2 par votre médecin.

A titre purement indicatif, les recommandations récentes établies par la Société Européenne de Cardiologie (ESC) sont résumées dans le tableau suivant :

Niveau de risque cardiovasculaire

Profil type des patients

Objectif de LDL à atteindre

Faible

La plupart des Français (55%).
Absence de facteurs de risque majeurs, score SCORE2 très bas.

< 1,16 g/L
(< 3,0 mmol/L)

Modéré

Environ 31% des Français.
Risque modéré selon le score SCORE2.

< 1,00 g/L
(< 2,6 mmol/L)

Élevé

Tabagisme sévère, HTA importante, diabète sans complication (ou ancienneté > 10 ans), insuffisance rénale modérée.

Un traitement médicamenteux est nécessaire.

< 0,70 g/L
(< 1,8 mmol/L)

Très élevé

Maladie cardiovasculaire déjà avérée (antécédent d’infarctus, AVC), diabète avec atteinte d’organes cibles, insuffisance rénale sévère, ou hypercholestérolémie familiale associée à un autre facteur de risque.

Un traitement médicamenteux est nécessaire.

< 0,55 g/L
(< 1,4 mmol/L)

Les valeurs diffèrent-elles selon le profil des personnes ?

Pour interpréter un bilan lipidique, plusieurs éléments doivent être pris en compte. Les valeurs de référence d'une prise de sang peuvent varier selon l'âge, le sexe et les techniques de dosage utilisées par le laboratoire. Par ailleurs, les taux recommandés de LDL-cholestérol et de triglycérides peuvent varier selon le profil des patients et notamment ses facteurs de risque cardiovasculaire.2C’est pourquoi vous devez toujours interpréter votre bilan avec un professionnel de santé.

Pourquoi le taux de cholestérol augmente-t-il ?

Un grand nombre de facteurs peuvent impacter la concentration du cholestérol dans le sang. Dans la majorité des cas, il résulte même d'une combinaison de plusieurs d'entre eux.

Les habitudes de vie

Les habitudes de vie peuvent influencer le taux de cholestérol et, plus largement, l'équilibre lipidique.

  • L'alimentation joue notamment un rôle important : une consommation excessive d'aliments riches en graisses saturées, en sucres et en calories peut favoriser un profil lipidique défavorable.
  • La consommation excessive d'alcool peut également favoriser l'augmentation des triglycérides.• Aussi, le tabagisme augmente le risque cardiovasculaire et favorise la formation de plaques d'athérome ; son arrêt fait donc partie des mesures recommandées pour réduire ce risque.
  • La sédentarité constitue également un facteur à prendre en compte. Augmenter son activité physique et sportive est un bon moyen de réduire les graisses dans le sang et améliorer son profil lipidique1.
  • Le surpoids et l'obésité, en particulier lorsqu'ils s'accompagnent d'une accumulation de graisse abdominale, sont également des facteurs de risques.
  • Le stress prolongé peut influencer certains mécanismes hormonaux et métaboliques, notamment via le cortisol.

Les facteurs génétiques

On peut également parler d’hypercholestérolémie familiale, une forme héréditaire dans laquelle un taux anormalement élevé de « mauvais cholestérol » (LDL-cholestérol) peut être transmis des parents aux enfants. En présence d’antécédents familiaux, un dépistage précoce, notamment dès l’enfance, peut être recommandé.

Les facteurs hormonaux et certaines maladies

Certaines maladies et situations hormonales peuvent également avoir une influence sur le bilan lipidique. Après la ménopause, la baisse des hormones sexuelles féminines peut notamment entraîner une altération du bilan lipidique3 et s'accompagner d'une augmentation du risque cardiovasculaire. L’hypothyroïdie peut également perturber le bilan lipidique en favorisant une augmentation du cholestérol sanguin. Non traitée, elle peut ainsi contribuer à augmenter le risque de complications cardiovasculaires.4

D’autres cas font également partie des situations associées à un risque cardiovasculaire accru et justifiant une attention particulière au bilan lipidique.

Quels sont les risques d'un taux de cholestérol élevé ?

Un taux de cholestérol élevé, en particulier lorsque le LDL-cholestérol est trop important, peut favoriser la formation de dépôts de cholestérol dans la paroi des artères. Au fil du temps, ces dépôts peuvent former des plaques d'athérome et contribuer au développement du risque cardiovasculaire.

Maladies coronariennes

Lorsque du cholestérol s'accumule dans les artères coronaires, il peut former des plaques d'athérome qui réduisent progressivement le diamètre de ces artères. Le cœur reçoit alors moins d'oxygène : cette situation est appelée maladie coronarienne.5

Comment réguler son taux de cholestérol ?

Il existe deux moyens de traiter un excès de cholestérol ou de triglycérides : les changements d'hygiène de vie et, si nécessaire, les traitements médicamenteux. Le choix de la prise en charge est réalisé par le médecin en fonction du profil médical, de l'âge et des facteurs de risque cardiovasculaire des personnes.

Les changements d'hygiène de vie

  • En cas d'hypercholestérolémie il est primordial de privilégier une alimentation variée en faisant une place aux légumineuses, aux fruits, aux légumes, aux céréales complètes et aux oléagineux (noix etc.). Les apports en protéines doivent idéalement provenir de sources variées, comme les légumineuses, la volaille et le poisson et, avec modération, la charcuterie et la viande rouge.
  • Une activité physique régulière contribue à améliorer le profil lipidique. Chez l'adulte, il est recommandé de pratiquer au moins 150 minutes d'activité physique d'intensité modérée par semaine, ou 75 minutes d'activité soutenue, tout en limitant les périodes de sédentarité.9 En cas de risque cardiovasculaire, il est préférable de demander l'avis de son médecin avant de reprendre une activité sportive intense.
  • Arrêter de fumer permet de réduire le risque de formation de plaques d'athérome et constitue une mesure essentielle pour préserver sa santé cardiovasculaire.
  • Une meilleure gestion du stress constitue également le socle de la prévention, en commençant par évaluer les causes modifiables du stress, puis en travaillant sur l’intensité de la réaction de stress, lorsque les causes ne sont pas évitables.

Tous les changements d’hygiène de vie sont difficiles à mettre en œuvre et à maintenir au long-terme. Un accompagnement par un professionnel (diététicien, coach, professionnel de santé) est un atout pour la réussite.

Les traitements et solutions

Lorsque les changements d'hygiène de vie ne suffisent pas à corriger les anomalies lipidiques, ou lorsque les risques cardiovasculaires sont trop élevés chez le patient, le médecin peut prescrire un traitement hypolipémiant, généralement des statines, éventuellement combinées à d’autres approches comme les fibrates, qui sont utilisées en cas d'hypercholestérolémie (LDL-cholestérol) ou de dyslipidémie mixte (LDL-cholestérol + triglycérides). Selon la situation, d'autres médicaments peuvent également être prescrits.9

Que la solution prescrite inclue, ou non, des médicaments, un suivi médical régulier est nécessaire afin de contrôler l'évolution du bilan lipidique et d'adapter la prise en charge si besoin.

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Ce qu'il faut retenir

Le bilan lipidique permet de connaître son taux de cholestérol et d'identifier d'éventuelles anomalies.

Un taux de cholestérol normal dépend du profil de chaque personne, mais il existe des valeurs de référence.

Une hygiène de vie adaptée contribue à améliorer le profil lipidique. En cas d'anomalie, un suivi médical permet d'évaluer la situation et d'adapter la prise en charge.

Sources et références scientifiques

Emmanuel Barrat
Emmanuel Barrat
Docteur en Sciences

Ingénieur de formation et docteur en sciences, spécialisé en biologie et nutrition (Université de Nantes), Emmanuel Barrat bénéficie de plus de 15 ans d’expérience dans la recherche et le développement en micronutrition.
Au sein du Laboratoire Lescuyer, il pilote le programme d’études cliniques et supervise, avec son équipe, la formulation de compléments alimentaires innovants, alliant efficacité et sécurité.
Il contribue également aux orientations stratégiques en tant que membre du Comité Scientifique interne du laboratoire.
Son expertise scientifique repose sur une approche rigoureuse, fondée sur l’analyse des données cliniques et les dernières avancées en nutrition et biologie.