La lutéine

✓ Caroténoïde de la famille des xanthophylles
✓ Composé naturellement présent dans l'alimentation
✓ Principal constituant du pigment maculaire de la rétine
✓ Naturellement associée à la zéaxanthine dans la macula
La lutéine est un caroténoïde naturellement présent dans notre alimentation, en particulier dans les légumes verts à feuilles. Ce pigment jaune, de la même famille que la zéaxanthine, s'accumule dans le fond de l'œil (macula), dont il est le principal pigment constitutif. Longtemps méconnue du grand public, la lutéine suscite un intérêt croissant en nutrition, notamment chez les personnes de 40 ans et plus, sans que les plus jeunes ne soient à l'écart de cette réflexion sur les yeux au quotidien.
Sommaire :
- Qu'est-ce que la lutéine ?
- Quelles sont les recherches sur la lutéine ?
- Quels sont les dangers et effets secondaires ?
- Quelle est l'origine, l'histoire de la lutéine ?
- Où trouver la lutéine dans l’alimentation ?
Qu'est-ce que la lutéine ?
La lutéine (ou lutein en anglais) est un caroténoïde de la famille des xanthophylles, un pigment naturel responsable des teintes jaune et orange de nombreux végétaux. Son nom vient du latin luteus, « jaune ». C'est une molécule dont la structure contient de nombreux atomes de carbone comportant de nombreuses doubles liaisons conjuguées, lui permettant d'agir comme un antioxydant (Murillo et al., 2019).
L'organisme humain ne sait pas la synthétiser : elle doit obligatoirement venir de l'alimentation. Une fois absorbée, elle s'accumule dans la macula, avec la zéaxanthine et la méso-zéaxanthine.
Sa biodisponibilité dépend du type d'aliment consommé : elle est mieux absorbée en présence de lipides, ce qui explique pourquoi les jaunes d'œufs constituent une source particulièrement bien assimilée, ou pourquoi certains compléments alimentaires apportant la lutéine se présentent sous forme de capsules molles, riches en lipides.
Quelles sont les recherches sur la lutéine ?
Quel est le lien entre la lutéine et les yeux ?
La lutéine s'accumule dans la macula, la zone centrale de la rétine responsable de la vision précise, où elle forme avec la zéaxanthine le pigment maculaire. Elle en est le constituant principal et prédomine en périphérie, tandis que la zéaxanthine se concentre au centre. Plus la densité de la lutéine est élevée, mieux la rétine filtre une partie de la lumière bleue et neutralise les radicaux libres générés par une exposition prolongée aux écrans (Murillo et al., 2019). Ces propriétés sur les cellules rétiniennes et le cristallin sont étudiées dans le contexte du stress oxydatif.
Plusieurs études ont examiné le lien entre l'apport en lutéine et zéaxanthine et certains paramètres du vieillissement oculaire avec l'âge. L'étude AREDS2, menée chez plus de 4 000 personnes à risque, a testé l'ajout de lutéine et de zéaxanthine à une formule de référence (vitamine C, vitamine E, bêta-carotène, zinc) : elle a confirmé la dose de 10 mg de lutéine associée à 2 mg de zéaxanthine par jour comme référence de sécurité à long terme (Chew et al., 2013). Des méta-analyses d'essais randomisés indiquent également qu'une supplémentation en lutéine et zéaxanthine augmente la densité du pigment maculaire (Chung et al., 2022 ; Hu et al., 2024).
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Lutéine et écrans : que disent les études ?
La recherche s'est aussi intéressée au confort visuel au quotidien, notamment face aux écrans. Une revue systématique a suggéré qu'une supplémentation en caroténoïdes pouvait moduler certains critères objectifs de la fonction visuelle, sans que la pertinence clinique soit établie à ce jour (Singh et al., 2022). Des essais cliniques ont aussi étudié l'effet, sur le confort oculaire et la sécheresse oculaire, de plusieurs semaines de prise. Mais presque toujours avec des formules multi-ingrédients (lutéine, zéaxanthine, oméga-3, vitamine D, extraits de plantes), ce qui rend difficile d'isoler la contribution de la lutéine seule (Kan et al., 2020 ; Lopresti et al., 2025).
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Quels sont les dangers et effets secondaires ?
La lutéine est bien tolérée, y compris à des doses largement supérieures aux apports alimentaires courants. L'EFSA a fixé la dose journalière admissible à 1 mg par kilo de poids corporel, soit environ 70 mg par jour pour un adulte de 70 kg (EFSA, 2010).
Les évènements indésirables observés dans les études cliniques versus placebo restent rares, sans être spécifiquement attribuables à la consommation de lutéine : maux de tête, inconforts digestifs, ou coloration jaunâtre de la peau à doses très importantes.
Aucune population à risque n'a été identifiée, y compris les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants, les personnes âgées ou polymédiquées. Les contre-indications peuvent se limiter aux hypersensibilités individuelles. Aucune interaction médicamenteuse cliniquement significative n'est établie.
La lutéine est par ailleurs autorisée comme colorant alimentaire naturel dans l'Union européenne.
Quelle est l'origine, l'histoire de la lutéine ?
La lutéine a été identifiée au XIXe siècle par les chimistes, d'abord dans le jaune d'œuf, puis dans les feuilles vertes, où elle accompagne la chlorophylle et participe à la protection de la plante contre la lumière. Mais son rôle dans l'œil humain est longtemps resté mystérieux.
Dès la fin du XVIIIe siècle, des anatomistes décrivent une curieuse tache jaunâtre au centre de la rétine, la future macula lutea (« tache jaune »). Pendant près de deux siècles, personne ne sait de quoi cette couleur est faite, ni à quoi elle sert (Nussbaum et al., 1985). Ce n'est qu'en 1985 que deux chercheurs américains, Bone et Landrum, percent enfin le mystère et identifient la lutéine et la zéaxanthine comme les pigments constitutifs de la macula humaine (Bone et al., 1985). En 1993, ils découvrent qu'un troisième composé, la méso-zéaxanthine, complète ce mélange (Bone et al., 1993).
Depuis, la lutéine est étudiée dans le monde entier, en particulier chez les populations vieillissantes ou fortement exposées aux écrans, et se retrouve aujourd'hui en gélules, comprimés ou capsules molles, dans le cadre d'une routine simple.
Où trouver la lutéine dans l’alimentation ?
La lutéine se trouve principalement dans les légumes verts à feuilles comme les épinards, le chou frisé, la courgette ou le brocoli ; mais aussi dans :
- le maïs et les pois,
- les œufs (notamment les jaunes d'œuf),
- la pistache et certains fruits comme l'orange ou le kiwi.
Les compléments alimentaires utilisent généralement des extraits d'œillet d'Inde (Tagetes erecta), l'une des sources naturelles les plus concentrées en lutéine et en zéaxanthine.
Il n'existe pas d'apport journalier recommandé officiel pour la lutéine et la zéaxanthine dans l'Union européenne. Les apports moyens estimés en Europe se situent autour de 1 à 2 mg par jour, bien en deçà des doses étudiées en recherche clinique : jusqu'à 10 mg de lutéine et 2 mg de zéaxanthine par jour dans l'étude AREDS2 (Chew et al., 2013). C'est cet écart qui explique que des études existent sur la supplémentation en lutéine et zéaxanthine, en complément d'une alimentation équilibrée, en particulier chez les personnes dont l'alimentation apporte peu de légumes verts.
FAQ
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SOURCES
- Bone RA et al. Preliminary identification of the human macular pigment. Vision Res 1985 ; 25(11) : 1531-1535.
- Bone RA et al.Stereochemistry of the human macular carotenoids. Invest Ophthalmol Vis Sci 1993 ; 34(6) : 2033-2040.
- Chew EY et al. Lutein + zeaxanthin and omega-3 fatty acids for age-related macular degeneration: the Age-Related Eye Disease Study 2 (AREDS2) randomized clinical trial. JAMA 2013 ; 309(19) : 2005-2015.
- Chung HY et al. The Effect of Lutein/Zeaxanthin Intake on Human Macular Pigment Optical Density: A Systematic Review and Meta-Analysis. Nutrients 2022 ; 14(17) : 3645.
- EFSA Panel on Food Additives and Nutrient Sources added to Food (ANS). Scientific Opinion on the re-evaluation of lutein (E 161b) as a food additive. EFSA Journal 2010 ; 8(7) : 1678.
- Hu W et al. Effect of Antioxidant Supplementation on Macular Pigment Optical Density and Visual Functions: A Systematic Review and Network Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Adv Nutr 2024 ; 15(5) : 100216.
- Kan J et al. A novel botanical formula improves eye fatigue and dry eye: a randomized, double-blind, placebo-controlled study. Am J Clin Nutr 2020 ; 112(2) : 334-342.
- Lopresti AL et al. The effects of lutein/zeaxanthin (Lute-gen®) on eye health, eye strain, sleep quality, and attention in high electronic screen users: a randomized, double-blind, placebo-controlled study. Front Nutr 2025 ; 12 : 1522302.
- Murillo AG et al. Zeaxanthin: Metabolism, Properties, and Antioxidant Protection of Eyes, Heart, Liver, and Skin. Antioxidants (Basel) 2019 ; 8(9) : 390.
- Nussbaum JJ et al.Historic perspectives. Macular yellow pigment. The first 200 years. Retina 1985 ; 5(1) : 6.
- Singh S et al.Interventions for the Management of Computer Vision Syndrome: A Systematic Review and Meta-analysis. Ophthalmology 2022 ; 129(10) : 1192-1215.
Note de conformité réglementaire : conformément au Règlement (CE) n° 1924/2006, aucune allégation de santé n'est actuellement autorisée dans l'Union européenne pour la lutéine, la zéaxanthine ou l'astaxanthine concernant la vision, le confort visuel ou la sécheresse oculaire. Les demandes d'allégation (identifiant 1606, etc.) ont toutes été rejetées par l'EFSA (2011, 2014, 2018). Le texte ci-dessus a été rédigé pour respecter cette contrainte : les bénéfices sont présentés comme des pistes de recherche prometteuses et non comme des propriétés établies ou des allégations de santé.

Ingénieur de formation et docteur en sciences, spécialisé en biologie et nutrition (Université de Nantes), Emmanuel Barrat bénéficie de plus de 15 ans d’expérience dans la recherche et le développement en micronutrition.
Au sein du Laboratoire Lescuyer, il pilote le programme d’études cliniques et supervise, avec son équipe, la formulation de compléments alimentaires innovants, alliant efficacité et sécurité.
Il contribue également aux orientations stratégiques en tant que membre du Comité Scientifique interne du laboratoire.
Son expertise scientifique repose sur une approche rigoureuse, fondée sur l’analyse des données cliniques et les dernières avancées en nutrition et biologie.









