Les bienfaits du curcuma (curcuma longa)

Le curcuma ou safran des Indes est une épice renommée en Asie du Sud-Est depuis près de 3000 ans. Le curcuma possède un rhizome épais et charnu de couleur orange, riche en curcuminoïdes et en vitamine C.

Le curcuma est une épice utilisée depuis des milliers d’années par l’Homme pour agrémenter ses plats, mais également pour un usage médicinal traditionnel. D’où vient-il ? Quelles sont ses propriétés ? Existe-t-il des précautions d’emploi à connaître ?

  1. Définition du curcuma
  2. L'histoire du curcuma
  3. Apparence du curcuma
  4. Quels sont les bienfaits du curcuma?
  5. Existe t-il des effets indésirables ?

Définition probiotiquesDéfinition du curcuma

Le curcuma (Curcuma longa) appartient à la famille des CurcumaZingiberaceae qui rassemble de nombreuses plantes pérennes rhizomateuses (survivant l’hiver sous terre grâce à leur tubercule). La taxonomie (attribution du nom et classement des plantes) des Curcuma est encore aujourd’hui obscure et il existerait entre 150 et 600 plantes portant le nom de genre Curcuma, parmi lesquelles une centaine d’espèces reconnues.

Les espèces de curcuma ont une importance économique mondiale du fait de propriétés médicinales, colorantes et nutritionnelles, mais également pour leur usage en tant que plantes ornementales. Cependant, plusieurs espèces de Curcuma sont inclues dans la liste des plantes menacées, en particulier C. aeruginosa, C. angustifolia, C. amada, C. aromatic, C. australasica, C. caesia, C. mangga et C. sumatrana. Il s’agit d’espèces de plantes médicinales en voie de disparition qui ont été soumises à une surexploitation à partir de leur habitat naturel sans contrôle sur la récolte.

L’espèce la plus utilisée mondialement est le Curcuma longa L. (syn. C. domestica Valeton), qui ne présente pas de risque d’extinction du fait de sa culture par l’Homme. En Inde et en Asie du Sud-Est, la racine de curcuma fraîche est largement utilisée de la même manière que le gingembre ; en Occident, le curcuma est beaucoup plus couramment disponible sous forme de poudre séchée. Il a été utilisé pour traiter un large éventail d'affections courantes dans la médecine ayurvédique indienne pendant au moins 4000 ans, ainsi que dans les médecines traditionnelles chinoises, arabes et autres.

On extrait la curcumine des rhizomes de Curcuma longa, un colorant naturel aujourd'hui utilisé dans le monde entier comme épice de cuisine, agent aromatisant et colorant. Il est largement utilisé pour colorer les moutardes, les mayonnaises et les margarines et a été désigné comme additif alimentaire international E100. Les plats traditionnellement préparés avec du curcuma comprennent des dahls (plat indien à base de lentilles) et la plupart des currys, ainsi que des cornichons, des relish et des chutneys. En raison de sa ressemblance avec le safran, le curcuma est parfois dénommé « safran indien ».

Histoire du curcumaL'histoire du curcuma[1, 2]

Le curcuma se trouve naturellement dans les régions tropicales et subtropicales et pousse principalement en Inde, en Thaïlande, en Chine, en Malaisie, en Indonésie et dans le nord de l'Australie. Du point de vue écologique, les nombreuses espèces de Curcuma se trouvent dans une large gamme d’altitude, allant du niveau de la mer (habitat côtier sableux) à des altitudes supérieures à 2000 m dans les Ghâts occidentaux et l'Himalaya en Inde.

Le curcuma que nous utilisons (C. longa) pousse à basses altitudes et a été domestiqué et cultivé pour la première fois en Asie du Sud. En Inde, son histoire commence depuis des temps immémoriaux, probablement bien avant la grande civilisation de la vallée de l'Indus, en particulier dans l’état indien d’Odisha. La domestication du curcuma a été réalisée en premier lieu pour fabriquer un colorant jaune utilisé pour les peintures rupestres, puis pour les costumes et masques folkloriques. Cette domestication a eu lien, comme pour beaucoup d’autres tubercules, lors de la transition entre les chasseurs-cueilleurs et les agriculteurs.

On suppose que l’usage du curcuma s’est répandu, à partir de l’Asie du Sud-Est, vers les zones proches : Indochine, Chine, Japon et autres îles du Pacifique Sud. Puis, de là, le curcuma a été transporté en Afrique tropicale de l’Ouest puis en Afrique de l’Est. Son introduction dans les Îles Caraïbes et en Amérique centrale est assez récente.

Le curcuma est d’une importance capitale en Asie en raison de ses multiples utilisations dans la vie culturelle et sociale des peuples ethniques d'Asie. Aujourd’hui, en-dehors des usages magiques et religieux, le curcuma est principalement utilisé pour ses propriétés colorante et gustative ; il demeure également une plante essentielle de la médecine Ayurvédique en Inde et en Chine.

L’Inde est le principal producteur mondial de curcuma (94% de la production mondiale totale) avec environ 150 000 hectares consacrés à sa culture ; 92% de cette production est à usage domestique comme condiment et 8% est exportée.

Apparence du curcumaL'apparence du curcuma[1, 2]

Fleur de curcumaLes membres du genre Curcuma sont facilement reconnaissables parmi les monocotylédones par leur inflorescence, une pointe de 20 cm à grandes bractées et minuscules fleurs (de deux à dix fleurs) qui sont attachées les unes aux autres, formant des poches. Les fleurs sont positionnées au bout de longues tiges pouvant atteindre 1 m, à la base desquelles partent de longues feuilles de 30 à 50 cm.

Le curcuma présente un tubercule principal à partir duquel partent plusieurs rhizomes de 5 à 8 cm, droits ou légèrement incurvés, portant des branches secondaires, le tout formant un entremêlas dense. L’intérieur du tubercule et des rhizomes est de couleur orange foncé alors que l’extérieur est jaune-orangé.

 

Molécules curcuma
Les rhizomes sont la partie de plante utilisée et contiennent des composés phénoliques, des huiles essentielles, des stéroïdes, des alcaloïdes et d’autres substances (plus de 400 identifiées). Les curcuminoïdes sont les principaux composés phénoliques trouvés dans le curcuma, à hauteur de 5 à 9%. Trois curcuminoïdes sont majoritaires et portent les principaux bénéfices de la plante : la curcumine et deux de ses dérivés (la démethoxycurcumine et la bisdémethoxycurcumine).


Bienfaits du curcumaLes bienfaits du curcuma

Les rhizomes de curcuma ont été traditionnellement utilisés dans de nombreuses régions du monde pour leur propriétés médicinales : Inde, Chine, Brésil, Canada, Iran, Irak, Corée et Maroc. Les usages concernent principalement la santé digestive et hépatique, articulaire et la circulation sanguine. [1] L’agence européenne du médicament reconnaît un usage traditionnel du curcuma pour soulager les digestions difficiles [3].

De très nombreuses études ont été réalisées sur des extraits purifiés de rhizome de curcuma, contenant jusqu’à 95% de curcuminoïdes. Leurs propriétés antioxydantes, antibactériennes et leur capacité à atténuer les réactions inflammatoires ont intéressé de nombreuses équipes de recherche. Cependant, les chercheurs se sont vite aperçus que les curcuminoïdes étaient très peu biodisponibles : ils sont difficilement absorbés par l’intestin et très rapidement dégradés dans l’organisme (principalement par le foie). Il était donc nécessaire de consommer des quantités très importantes (4 grammes ou plus) de curcuminoïdes pour observer des effets. Beaucoup de recherches se sont alors arrêtées pour se tourner vers des substances mieux absorbées.

En 1998, une équipe de recherche indienne de la St. John’s Medical College de Bangadore publie une étude montrant que la prise simultanée de curcuminoïdes avec de la pipérine (extraite du poivre noir) augmentait considérablement le taux de curcumine dans le sang [4]. L’ajout d’une petite quantité de pipérine (1% du poids des curcuminoïdes) permet une multiplication par un facteur 20 de la biodisponibilité des curcuminoïdes. Des apports journaliers de 500 à 1000 mg (2 à 4 comprimés) sont désormais suffisants pour observer des effets intéressants. Depuis, plusieurs technologies ont été étudiées, dans le but d’augmenter la biodisponibilité des curcuminoïdes (encapsulation, micronisation, nanoémulsion, etc.) utilisant pour la plupart des émulsifiants ou agents d’encapsulation de synthèse. Cependant, une nouvelle technologie utilisant les galactomannanes (fibres naturelles) de graines de fenugrec a montré une augmentation significative de l’absorption des curcuminoïdes, comparable à l’association curcuminoïdes-pipérine. Ainsi ces deux solutions constituent des associations plus naturelles en raison de la nature des ingrédients mis en œuvre. Des dizaines d’études cliniques ont montré un effet favorable de la consommation d’extraits biodisponibles de curcuma sur les réactions inflammatoires excessives. Les principales recherches ont porté sur l’équilibre intestinal (estomac, intestin, foie), articulaire, cardiovasculaire et cérébral [5].

Effets indésirables du curcumaExiste-til des effets indésirables ?

Toutes les recherches cliniques effectuées à ce jour montrent que la consommation d’extrait de curcuma riche en curcuminoïdes est très sûre. Des doses journalières jusqu’à 12 grammes ont été utilisées sans être associées à des effets secondaires notables. À haute dose cependant, des désagréments mineurs ont été observés, principalement des diarrhées et nausées [5]. La consommation du curcuma au cours des repas permet d’assurer une meilleure tolérance digestive.

Des interactions médicamenteuses ne sont pas exclues avec certaines classes d’anticoagulants comme la coumadine. Par précaution, en cas de prise d’anticoagulant, un avis suivi médical est recommandé.

Enfin, par manque de données chez ces populations, la consommation de curcuma non alimentaire est déconseillée aux enfants ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes.

1.Ayati, Z., et al., Ethnobotany, Phytochemistry and Traditional Uses of Curcuma spp. and Pharmacological Profile of Two Important Species (C. longa and C. zedoaria): A Review. Current Pharmaceutical Design, 2019. 25(8): p. 871-935. https://doi.org/10.2174/1381612825666190402163940
2.Velayudhan, K.C., N. Dikshit, and M.A. Nizar, Ethnobotany of turmeric (Curcuma longa L.). Indian Journal of Traditional Knowledge, 2012. 11(4): p. 607-14. http://nopr.niscair.res.in/handle/123456789/14954
3.EMA, European Union herbal monograph on Curcuma longa L., rhizoma / Final. EMA/HMPC/329755/2017, 2018. https://www.ema.europa.eu/en/documents/herbal-monograph/final-european-union-herbal-monograph-curcuma-longa-l-rhizoma-revision-1_en.pdf
4.Shoba, G., et al., Influence of piperine on the pharmacocinetics of curcumin in animals and human volunteers. Planta Medica, 1998. 64. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9619120/
5.Epstein, J., I.R. Sanderson, and T.T. Macdonald, Curcumin as a therapeutic agent: the evidence from in vitro, animal and human studies. Br J Nutr, 2010. 103(11): p. 1545-57. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20100380

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